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[So Lexcel] Entre figues, pastis et Orval…

5 Comments 📁 Actualité, So Lexcel 🕔14.janvier 2015
[So Lexcel] Entre figues, pastis et Orval…

Maître Escartefigue…Entre figues, pastis et Orval…

Marc Laroche, mieux connu sous le pseudonyme d’Escartefigue est un personnage incontournable du club de Virton. Directeur du centre de formation des jeunes de Virton, ex-enseignant, ex-directeur d’école, maintenant devenu prof de psychopédagogie à la haute école Robert Schuman de Virton, Marc a commencé à écrire ses chroniques avec son ami, Jacky Antoine, publiées dans « Publivire », puis ensuite seul. Chronique reprise aussi parfois par la presse écrite.

J’ai rencontré Marc à son bureau de l’académie un lundi, vers 18h00. Voilà donc la transcription la plus fidèle possible de ce qui s’est dit entre-nous…

Marc, Bonjour. Je suis donc là pour le site des supporters des verts et je suis chargé de faire ton interview, qui sera un peu décalée, je te l’accorde. Tu auras néanmoins droit à un joker, un seul. Ce joker te permettra de ne pas répondre à une question et une seule.

Marc, comment es-tu arrivé directeur du centre de formation des jeunes ? Est-ce que ta formation de base comme instit t’y a aidé ?

Ben écoute, dans un premier temps j’avais proposé mes services pour occuper dans le club une fonction ou l’autre. C’est Philippe Emond qui un jour a pensé à moi, en tant qu’instituteur primaire et directeur d’école. Il s’est dit que pour le centre de formation il fallait aussi un directeur pédagogique. Donc, c’est comme cela que l’on en a discuté avec Philippe et que je suis arrivé là où je suis.

(avec un petit sourire) Tu connaissais Virton avant ?

Oui, je connais Virton depuis mes 17 ans. J’ai donc traversé les époques et si Dieu me laisse encore quelques années, je terminerai comme les deux vieux du Muppet Show au balcon des business. Voilà…

Quel est ton rôle exact en tant que directeur du centre de formation ?

C’est à la fois simple et compliqué. Il faut savoir qu’avant tout je suis bénévole. On a un contrat tacite avec Philippe et si un jour il estime que je ne suis plus capable, il devra me le dire. J’essaie de venir deux fois par semaine. Bon, quelquefois il y a des demandes bien précises des coordinateurs pour rencontrer un parent ou l’autre ou bien des enfants. Quand on a du courrier à ouvrir, des évaluations à fournir ou bien même quand on a besoin d’une bonne plume, qui est un élément qui me correspond assez bien, je suis présent plus souvent mais j’ai envie de te dire que c’est un peu à la carte. J’essaie néanmoins d’être là deux fois par semaine.

Quelles sont les lignes directrices que vous voulez développer ici ?

C’est compliqué. En tant que directeur d’école, on m’a toujours appris qu’il fallait amener tous les élèves à un certain niveau. Tu connais, donc je ne vais pas te faire la leçon là-dessus. Il faut tirer les meilleurs vers le haut et tirer ceux qui ont plus de difficultés sur la moyenne.

Mais ici, nous ne sommes pas dans ce « trip ».C’est une académie des jeunes où l’objectif simple est d’amener chaque saison un ou deux jeunes en équipe première. Il y a deux évaluations qui ont lieu, une à Noël et une en fin de saison où l’on regarde si le jeune peut passer d’une catégorie sur l’autre. Tout en sachant que l’on prend deux éléments en considération, enfin, trois : deux officiels et un officieux.

  1. La technique de base, technique de football.
  2. Le comportement : un excellent joueur de football aujourd’hui, c’est aussi quelqu ‘un qui a quelque chose dans le cerveau ! Note de Doc Jo : Oui, un peu comme Jonathan Legear, quoi.
  3. Il faut et surtout chez les petits que les résultats scolaires suivent. Quand les résultats scolaires ne suivent pas, on demande aux parents de retirer un entraînement ou de faire un choix.

C’est un programme conséquent, effectivement. Au fait Marc, tu es plutôt string, boxer, ou slip kangourou ?

(Rires) Moment de pause.Rires. Tout dépend de l’occasion. String si ce n’est pas moi qui le porte. Pour moi, ce sera boxer.

Note de Doc Jo : Je dois vous avouer que nous avons bien ri !

Tu es aussi « Escartefigue » dans tes chroniques pour l’Excelsior mais tu n’as pas toujours écrit tes chroniques seul, je me trompe ?

Non. C’est une longue histoire qui fait appel à un vécu affectif fort. Les premières chroniques, on les faisait avec Jacky Antoine. C’était mon ami, je n’ai pas peur de le dire. C’est rare dans une vie mais lui, c’était mon ami et on écrivait ces conneries, car au départ ça partait comme ça, sur des cartons de bière au Rustique. Le but était de faire rire l’autre…On se prenait un délire sur des phrases que l’on écrivait. Et un jour, on s’est dit que l’on pourrait très bien publier cette chronique dans le Publivire. A l’époque, on apportait le texte le lundi et le mercredi avait lieu la parution. C’est donc parti comme ça, simplement. A ce jour, je crois que je dois être à 560 chroniques. Donc voilà.

escartefigue 03-001

Que penses-tu alors de la cueillette des olives en Basse-Provence ?

Rires. Je vois que tu fais appel à mon prénom, Escartefigue, l’écarteur de figues. Je n’ai malheureusement pas le temps de superviser cette cueillette des olives mais c’est une région que j’affectionne tout particulièrement pour y être allé très souvent. Mon sobriquet des chroniques vient de là aussi, je dois dire. Très sincèrement, je préfère superviser le pastis sur une terrasse que les olives dans un champ.

Ok (Rires intenses…). Comment expliquer cet engouement Virtonais pour la Marseillaise et la France en général ? Pure provocation envers les clubs flamands ?

Non (rire , on va remettre le rond central au milieu du terrain. La Marseillaise au départ, ça vient d’un petit joueur français que l’on avait engagé à l’époque, un breton, Gilles Legouef. Puis un jour, lors d’une victoire de Virton, certains supporters ont entamé la Marseillaise. Elle vient donc de là au départ.

Mais il est évident que c’est un « particularisme » Virtonais (néologisme).
Note de Doc Jo : Peuchère ! Ajoutons un peu de vocabulaire soutenu à cette interview! Bonne mère !

Comme dans les manifestations officielles, les personnalités faisaient jouer, et la Brabançonne et la Marseillaise, le club a décidé de s’y mettre aussi. Et c’est vrai que cela ajoute une petite note méridionale étant donné que l’on est dans le sud et que l’on touche à la France.Dans un premier temps, cela a déstabilisé les clubs flamands, il est vrai. D’ailleurs ils devaient se demander pourquoi on chantait la Marseillaise à Virton. Puis un jour, François Culot est arrivé avec un drapeau français et un coq wallon dessus. Je ne sais d’ailleurs pas s’il l’a toujours ! Tu lui demanderas ! Au fil du temps, ce n’est pas devenu une marque de fabrique mais une signature.

 Et quand, dans la rue, tu vois un petit chien genre « César », toi aussi, t’as envie de shooter dedans ?

Un petit chien comment ?

Un petit chien genre « César », tu sais les petits chiens blancs ?

Rires… Non ! La seule fois où je m’occupe d’un chien, c’est quand on boit l’apéro avec les copains et que je dis : « Bon, on va s’en boire un 2e, on ne va pas tuer le chien ! »

(Rires) Pourquoi tu fais autant à Virton et pas un autre club ?

Parce que je suis Virtonais ! On naît avec et je crois aussi que c’est une signature. On a toujours dit avec Philippe Emond et Michel Georges que l’on cherchait toujours des profils de gens « tripés verts et blancs ». Pour ma part, à 17 ans, je n’étais pas attiré par le foot et c’est un copain qui m’a amené un jour au football et depuis je n’ai plus raté beaucoup de matchs. Je déplaçais les baptêmes de mes gosses et leurs communions pour aller voir les matchs de Virton. Pour te dire que l’on est tous un peu fadas à un certain moment mais c’est aussi le propre du marseillais. C’est une passion finalement, cheville au corps, cheville à l’âme ! Je suis né Virtonais et je mourrai Virtonais.

Marc, en tant que prof, penses-tu qu’une pédagogie basée sur le visuel donnerait de bons résultats chez un enfant borgne ?

Rires. Rires. Rires. Tu permets juste que je puisse réfléchir à ce que je vais te dire ? Donc, est-ce que le visuel peut apporter quelque chose à un enfant borgne ? Ben écoute, si t’as du temps à perdre, on peut le concevoir comme ça. Maintenant, c’est vrai qu’en tant qu’enseignant, il faut s’occuper des profils de tous les enfants et les neurosciences sont là pour nous le rappeler, mais bon. Pffff, cela fait déjà beaucoup de choses. Il est déjà parfois difficile de s’occuper des enfants ordinaires, donc s’occuper des extraordinaires (comme disent les québècois), cela va devenir difficile.

Tu jouais au foot étant jeune ?

Pas du tout ! Je ne savais pas ce qu’était un ballon.

Et comment vois-tu l’avenir du club de Virton : Projets, ambitions ?

Je n’irai pas par quatre chemins. Le chemin le plus direct pour aller en D1 est celui que Philippe Emond fait prendre au club. J’ai dit à Josy Ansay il y a quelques années : « il ne nous reste plus qu’une marche à monter ». Avec les ambitions mesurées que l’on peut avoir ici, avec les moyens mesurés que nous avons, le fait que je me sois investi à Virton, c’est aussi une aventure humaine. Cette aventure humaine est rendue possible grâce au président qui est un président volontaire, travailleur, passionné, qui sait où il va. C’est un mec qui ferait avancer une BMW en panne d’essence ! Et de l’autre côté tu as Michel Georges, qui s’occupe de l’administratif. Ce sont les deux murs porteurs du club. Philippe, c’est Beckenbauer (joueur classe, stratège) mais un stratège ne peut pas fonctionner si t’as pas un porteur d’eau, c’était Scharzenbeck, le joueur qui allait au turbin et qui mettait le pied, et ça c’est Michel Georges.

Un duo gagnant ?

Oui, un duo gagnant ! Mais cet avenir en D1 est mesurable, je pense. Maintenant, il faudra des infrastructures, il faudra autre chose mais c’est mesurable, je pense. Qui sait ?

Tu as certainement des anecdotes croustillantes à me raconter. Si je te demandais de me raconter celle qui t’a le plus fait rire, tu me dirais quoi ?

Rires. Je crois que celle-là, je l’ai déjà racontée à tout le monde mais elle me fait toujours bien rire. Au départ, nous n’en avons pas ri car on se demandait ce qui nous arrivait.
C’était avec Michel Le Floachman. On avait eu le malheur, dans nos chroniques avec Jacky, de mettre en doute un remplacement de joueur. On s’était posé la question de savoir, car on connaissait la bête et c’était un chaud, si nous n’allions pas le choquer. Finalement on l’a laissé mais évidemment, cela a coincé. A l’époque, après les matchs, on repassait toujours au Rustique ou à la Maison Verte, avec les supporters, les entraîneurs. Michel le Floachman interpelle alors son président, Allard, à l’époque. Devant tout le monde et assez fort pour que tout le monde l’entende : « Président, plus besoin d’entraîneur, il y en a deux ici, ils feront exactement ce que je fais à ma place.» (Avec son accent bien français !).Il a refusé de nous serrer la main durant 15 jours. Il était fâché et on a réglé ça autour d’une chope. Sur le moment, on a senti les regards sur nous mais on en a rigolé par après. C’est un peu comme si on avait commis un crime de «Lèse-Majesté ». J’en ai un tas d’autres, évidemment mais celle-là est vraiment particulière.

Dernière question maintenant…Si je te dis : « Le rôle de la femme, c’est d’élever les enfants, faire la vaisselle mais surtout de laisser son homme aller boire des verres avec des potes quand il le décide ».D’accord ou pas avec cette affirmation ? Fais gaffe, je sais à qui je dois transmettre ta réponse !

Rires. Le rôle de la femme ? Eh bien moi je vais retourner ton truc. C’est quoi les deux propositions ?

Tu peux utiliser ton joker, si tu veux. Tu m’as bien entendu, n’essaie pas de noyer le poisson.

Non, non, je vais me faire une joie d’y répondre. Je crois qu’à 55 ans maintenant, il y a un peu de sagesse qui va parler. Si à 20 ans, je t’avais dit qu’il fallait laisser son gars partir, à l’heure actuelle, j’ai plus un rôle de grand-père que de papa. Donc, je veux bien m’occuper des gosses de temps à autre, je veux bien faire la vaisselle mais faut qu’on me laisse souvent aller au football !

Merci Marc, ce fut un réel plaisir.

Epilogue

J’avais vraiment envie de faire l’interview de Marc. Il faut savoir que Marc a été mon prof, à l’école supérieure de pédagogie de St Hubert, avec l’inspecteur principal à l’époque durant un semestre, quand j’ai eu l’idée idiote de vouloir devenir directeur d’école. (La folie est un sport de l’extrême qui se joue bien souvent au bord du précipice ! Hubert Félix Thiéfaine). Marc est devenu ensuite un collègue avant qu’il ne quitte le giron de l’enseignement fondamental.

Marc,
Je lisais et je lis toujours tes chroniques. En tant qu’enseignant, il est vrai que nous avons la plume facile. Tu as donc cette plume facile, tu sais faire danser les mots, tu connais le rythme à apporter à tes écrits pour que transpire l’émotion que tu veux imprimer. Quand on lit ta chronique, on a ce doux choc, tu sais ce truc qui te parle à l’âme, qui te prend en plus les tripes. Une fille utiliserait l’expression : « avoir des papillons dans le ventre » mais nous savons tous les deux que bouffer de la chenille n’est pas très bon pour notre santé. Le pastis est quand même meilleur !

Marc, quand on arrive à ce résultat par l’écrit, la plume devient une arme redoutable ! Et tu utilises cette arme absolue avec beaucoup de sagesse et de pertinence !

Merci Marc, longue vie à l’Excel et à l’Orval ! Merci Escartefigues et longue vie à la Provence, au confit et au pastis !

Doc Jo.

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5 Comments

  1. 🕔 21:00, 17.janvier 2015

    BRU

    Simple remarque: Une phraséologie certainement pas due à Escartefigue, directeur d’école et psychopédagogue! « Si à 20 ans, je t’AURAIS dit… »

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    • 🕔 18:37, 19.janvier 2015

      Doc Jo

      J’espère pour ma part que vous n’en faites jamais…Je cherche un correcteur, si vous voulez…Cela m’arrangerait même…Quand on est dedans, on ne voit pas toujours tout! Merci…

      reply comment
    • 🕔 7:13, 20.janvier 2015

      admin AUTHOR

      Bonjour, Etant l’auteur de cette interview, je tenais à m’exprimer face à votre remarque… C’est tout simplement parce qu’au dernier moment j’ai voulu changer la phrase…J’ai juste omis de remplacer le conditionnel par l’imparfait…Je cherche d’ailleurs un correcteur qui puisse me relire…Car quand on est « dedans », on passe, comme ici à côté de certaines choses…Cela vous intéresse?… Et il arrive à un directeur d’école de faire des fautes…Et oui! …Je le suis moi-même…j’espère que vous n’en faites jamais! 😉

      reply comment
  2. 🕔 23:27, 17.janvier 2015

    admin AUTHOR

    C’est corrigé ! Merci !

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  3. 🕔 21:40, 18.janvier 2015

    JC F

    Ce match contre Roulers gagné par les forceps .Nous avons vus un virton Durant les 15 1ier mn ,ainsi que les 15 dernières mn .QUE CE PÄSSE T IL ? pourquoi JOUER LA DEFENCE ? même avec les 3 changements, rien n’a changé .Un bon chef d’équipe pourrait ordonner la relance .3 points gagnés et bravos à Focki ,defourny , Lafon intenable et THIAM

    reply comment

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